Aller au contenu principal
Inauguration du WIP à Colombelles

Zoom sur - Le WIP à Colombelles

Tiers-Lieu Normandie (coworking, fablab, etc.)

Le Wip est né dans le cadre de la reconversion du site industriel de la Société Métallurgique de Normandie (SMN), démantelé en 1993 à Colombelles (Calvados). La fermeture de l’usine, qui avait fait la prospérité de la ville, a été vécue comme un traumatisme et a laissé un territoire socialement fracturé. La décision d’y créer, entre autres, un tiers-lieu, témoigne de la volonté de réparer cette fracture et de permettre aux habitants de se réapproprier les lieux sur un modèle qu’ils auront construit.

Un projet ambitieux dans un espace exceptionnel

Comme l’explique Ophélie Deyrolle, co-fondatrice et directrice du Wip : « Au départ, nous étions plusieurs à avoir la même envie de créer des alternatives à nos façons de travailler, de vivre, de construire ensemble un projet en mesure de répondre aux défis écologiques et socio-économiques locaux. Avec la volonté de développer en un seul endroit des activités et des services pour tous les publics, autour de trois grandes thématiques : l’économie circulaire, la culture et l’inclusion sociale. »

Vaste programme, mais il était possible de voir grand au regard des dimensions de l’espace dédié au Wip : la Grande Halle. Le bâtiment de 3000 m2, vestige emblématique de l’usine, a été réhabilité par la SEM Normandie Aménagement dans l’esprit originel du lieu. Ici, le béton, le fer et le bois dominent. L’ampleur des travaux, qui ont duré trois ans, a nécessité le concours de l’Établissement Public Foncier de Normandie, de la SEM Normandie Aménagement, de la Communauté urbaine de Caen la mer, de la ville de Colombelles, de la Région Normandie, de l’ADEME et du FEDER.

Créé en 2016, le Wip s’est provisoirement installé à proximité, dans la Cité de chantier, jusqu’à l’ouverture officielle de la nouvelle Grande Halle, en octobre 2019. « Ce lieu nous a permis pendant trois ans de suivre les travaux et de préparer avec les habitants, les entreprises locales et les artistes les évolutions du bâtiment. », indique Ophélie Deyrolle. La Cité du chantier n’a pas été abandonnée pour autant et est destinée à devenir un atelier de création et de fabrication réservé aux collectifs d’artisans et d’artistes.

Une grande diversité des activités et des publics

Fidèle au projet initial, le Wip mène de front de multiples activités pour des publics variés. En témoignent les spectacles et manifestations organisées dans la Grande Nef. Cet espace de 1100 m2 sous 12 mètres de hauteur de plafond, modulable à l’infini, s’y prête idéalement et a accueilli, entre autres, un salon professionnel pour les magasins de l’enseigne Point P et la première en France du nouveau spectacle du groupe acrobatique de Tanger.

Les deux étages qui entourent la Grande Nef sont dédiés aux espaces de coworking, aux salles de réunions et à deux studios de création artistique (danse, théâtre, acrobatie…), qui peuvent également servir de salles de séminaire. Économie circulaire oblige, le mobilier provient du réemploi de matériaux, ce qui était déjà le cas pour la Cité de chantier, construite à partir de containers.

Le Wip abrite également un bar restaurant en gérance, le Spot, dont l’équipe privilégie l’économie locale et responsable, avec des produits et boissons certifiés bios.

Au Wip, se rencontrent des coworkers venus de tous horizons professionnels (RP, photographie, développement web, ingénierie, formation…), des créateurs, des artistes et bientôt des personnes en insertion sociale : « Nous sommes en phase de démarrage d’un important projet, piloté par le Dôme et l’Association des Amis de Jean Bosco. L’objectif est de créer un accompagnement à la carte pour ces personnes, en les orientant vers des activités à dimension culturelle et écologique. », confie Ophélie Deyrolle

Enfin, il faut parler des deux hectares de prairie fleurie qui entourent le Wip, des espaces ouverts à tous en permanence pour de multiples activités.

Un équilibre fragilisé par la crise sanitaire

Société coopérative d’intérêt collectif, le Wip emploie huit salariés. Locataire de la SEM Normandie Aménagement, il tire l’essentiel de ses ressources de la sous-location des espaces de coworking et d’événements. Aujourd’hui, cela représente 60% de son chiffre d’affaires, les 40% restants provenant des appels à projets. 

Totalement fermé pendant la période de confinement, le Wip misait sur la rentrée, malheureusement compromise par la reprise de l’épidémie. « Nous avions l’espoir d’améliorer le taux de remplissage des espaces de coworking et de mettre en œuvre de nouveaux services, comme l’organisation avec Normandie Equitable de marchés de producteurs et artisans locaux. En attendant, nous nous efforçons de faire vivre le lieu en menant une politique volontariste de programmation culturelle. Et nous allons lancer une campagne de commercialisation de nos espaces. », conclut Ophélie Deyrolle.

Autres articles qui peuvent vous interésser

  • Site solidarité numérique

    Accompagnement au numérique pendant le confinement

    Retrouvez toutes les infos pour bénéficier d'un accompagnement durant cette période de confinement

    EN SAVOIR +
  • Tiers-Lieux

    Tiers-Lieux ouverts pendant le confinement

    Retrouvez tous les tiers-lieux labellisés ouverts pendant le confinement.

    EN SAVOIR +
  • Zoom sur - Les Bains Douches Numériques de Flers

    Ouvert en 2015 et géré par Flers Agglo, le tiers-lieu les Bains Douches Numériques occupe un bâtiment Art Déco, classé, qui abritait autrefois les bains publics et qui a été réhabilité dans le cadre...

    EN SAVOIR +